facebook photogriffon

 

  William KLEIN
portrait-william-klein-copyright-patrick-swirc-modds
William KLEIN né le 19 avril 1928 à New York, est un photographe français d'origine américaine, peintre, et réalisateur de films. Il est parfois surnommé bad boy. Il vit et travaille à Paris.

copyright-patrick-swirc-modds
 

Pochette disque "Love on the beat" Serge Gainsbourg - 1984 © William KLEIN
Pochette disque "Love on the beat" Serge Gainsbourg - 1984 © William KLEIN


"J'étais en tournage en Italie et quand je revenais le soir à l'hôtel, quelqu'un m'a dit à la réception
qu'un certain Monsieur Gainsbourg me cherchait. Je l'ai eu le lendemain, et m'a dit qu'il voulait faire
son come-back: il faut savoir que dans les années '80 il était en perte de vitesse et il n'était plus
la grande vedette ou l'icône qu'il est devenu plus tard. J'ai fait cette photo pour son disque Love on the beach
et il a dit qu'il voulait être un travelo. Je lui ai demandé s'il voulait être une vieille pute décatie.
Il a dit: "Non, je veux être belle. On va coller mes oreilles, j'ai des beaux yeux, une belle bouche, non ?"
Alors j'ai décidé de le faire en noir et blanc pour pouvoir retoucher beaucoup car à l'époque
il n'y a avait pas Photoshop. C'est une photo qui a bien marché, il l'a employé pour les affiches de sa tournée
et pour les billets d'entrée qui étaient marqués "100 frs par devant, 200 frs par derrière".
(Source : photographie.com / Hervé Le Goff)


« Une feuille de contacts, une bobine de 36 poses.
Six bandes de six photos, les photos prises l'une après l'autre.
On les lit de gauche à droite, comme un texte. »



Fashion - Reflet © William KLEIN
Fashion - Reflet © William KLEIN


Personnes assis dans l'herbe - Rome © William KLEIN
Rome © William KLEIN

LES LIVRES SUR WILLIAM KLEIN
 






Fashion - Pyramide - Rome © William KLEIN
Fashion - Pyramide - Rome © William KLEIN


Subway and blur - Tokyo - 1961 © William KLEIN
Subway and blur - Tokyo - 1961 © William KLEIN


De tous vos films, lequel vous ressemble le plus ?
Sans hésiter, Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? (1966). Et Muhammad Ali the Greatest
(1964-1974). Pour le premier, j'étais totalement libre de faire ce que je voulais.
Pour Muhammad Ali, là encore, j'ai eu beaucoup de chance. Je voulais faire un film sur la boxe.
Aux Etats-Unis, le championnat du monde poids lourds polarise tout. A commencer par
la question du bien et du mal. En cette année 1964, c'était devenu totalement surréaliste.
Cassius Clay, déjà champion olympique, était beau, jeune, en dehors des circuits de la mafia.
Il ne fumait pas, ne courait pas les filles, était d'une grande intelligence, et pourtant il
incarnait le mal. Sonny Liston, qui, lui, était lié à la pègre, est devenu le bien, parce
que les Blancs détestaient Clay, qui n'en faisait qu'à sa tête et répétait sans cesse qu'il était
le meilleur. Ce boxeur noir, converti L'entretien ensuite à l'islam, avait une vraie dimension
politique. Je suis donc allé à Miami pour filmer leur combat. Dans l'avion, je me suis
retrouvé au côté de Malcolm X, leader du mouvement noir américain. C'était le seul siège de libre,
parce que personne ne voulait être près de lui. On s'est très bien entendus. Il trouvait ça
drôle qu'un Juif de New York, installé à Paris, vienne filmer un Noir à Miami. J'ai su, ensuite,
qu'il avait fait passer un mot à l'entourage de Cassius, disant qu'il pouvait me faire confiance.
Si bien que ça s'est bien passé. Il me supportait, même s'il faisait semblant de ne pas connaître
le nom des gens, comme les Blancs le faisaient avec les Noirs.
Sachant que je vivais en Europe, il m'appelait « Angleterre ».
A ce jour, je n'ai toujours pas rencontré d'homme aussi drôle que Cassius Clay.

(Interview réalisé par Yasmine Youssi pour Télérama)

All your movies, which you most like?
Without hesitation, Who are you, Polly Magoo? (1966). And Muhammad Ali the Greatest
(1964-1974). For the first, I was totally free to do what I wanted.
For Muhammad Ali, again, I had a lot of luck. I wanted to make a film about boxing.
In the US, the world heavyweight championship polarizes all. Starting with
the question of good and evil. In the year 1964 it became totally surreal.
Cassius Clay, already Olympic champion, was handsome, young, outside the circuits of the mafia.
He did not smoke, did not run girls, was of great intelligence, yet he
embodied evil. Sonny Liston, which itself was linked to the underworld, became the well, because
that whites hated Clay, who made it to his head and kept saying he was
the best. This black boxer Maintenance then converted to Islam, was a true dimension
policy. So I went to Miami to film their fight. On the plane, I
found at the side of Malcolm X, leader of the American black movement. It was the only empty seat,
because nobody wanted to be near him. It was really well. He thought it was
funny that a Jew from New York, moved to Paris, come shoot a Black in Miami. I knew then
he passed a note to the entourage of Cassius, saying that he could trust me.
So it went well. He bore me, even though he pretended not to know
the name of the people, like whites did with blacks.
Knowing that I was living in Europe, he called me "England".
To this day, I still have not met a man as funny as Cassius Clay.



Three Greek Heirettes - Greece - 1963 © William KLEIN
Three Greek Heirettes - Greece - 1963 © William KLEIN


Quel plaisir avez-vous eu à faire de la photo de mode ?
C'était ambigu ! Moi, j'étais marié et fidèle. Or l'intérêt de la photo de mode, c'est de
draguer les filles ! Plus sérieusement, quand je faisais mes premières images, mes premiers
bouquins, c'était de la « fotografia povera ». La mode m'a donné des moyens extraordinaires :
des flashs multiples, des décors, des assistants... J'ai pu essayer de nouvelles techniques,
dont je me servais ensuite pour mon travail personnel. La mode, pourtant,
ne m'intéressait pas. Et les couturiers, encore moins. Aujourd'hui, c'est différent.
Les créateurs sont ouverts au cinéma ou au théâtre. Je ne suis plus trop ce qui se fait
dans la photo de mode. Mais ce style porno chic m'emmerde.

(Interview réalisé par Yasmine Youssi pour Télérama)

What fun did you have to do fashion photography?
It was ambiguous! I was married and faithful. But the interest of fashion photography
is to picking up girls! Seriously, when I was doing my first picture, my first
books, it was the "fotografia povera". Fashion gave me extraordinary means:
multiple flashes, scenery, assistants ... I could try new techniques,
which I then used it to my personal work. Fashion, however,
I was not interested. And couturiers, even less. Today is different.
The creators are open to the cinema or theater. I'm not sure what is happening
in fashion photography. But it annoys me porno chic style.




Tilly in wool dress by Adele Simpson and Wilhelmina in Maurice Rentner - New-York - 1963 © William KLEIN
Tilly in wool dress by Adele Simpson and Wilhelmina in Maurice Rentner - New-York - 1963 © William KLEIN



Vous sentez-vous toujours chez vous à Paris ?
C'est ma ville. Je suis là depuis plus de cinquante ans.
Mais il faudrait un Muhammad Ali pour secouer la France.

(Interview réalisé par Yasmine Youssi pour Télérama)

Do you ever feel at home in Paris?
This is my city. I'm here for over fifty years.
But it would take Muhammad Ali to shake France.