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  Eugène ATGET

portrait de Eugène ATGET - BNF
Jean Eugène Auguste ATGET, né le 12 février 1857 à Libourne et mort le 4 août 1927 (à 70 ans) à Paris) est un photographe français. Il est principalement connu pour ses photographies documentaires sur le Paris de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

(Photo : Portrait d'Eugène Atget réalisé par un photographe anonyme vers 1890).
 

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36-- Maison à pignon - 111 rue St-Denis - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


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37-- 1716 rue Courtalon - Place Ste-Opportune - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


38-- Bureau Lingere - Place Ste-Opportune - 1899 - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF
38-- Bureau Lingere - Place Ste-Opportune - 1899 - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


39-- Quai de l'Institut - Paris - 1898 © Copyright Eugène ATGET / BNF
39-- Quai de l'Institut - Paris - 1898 © Copyright Eugène ATGET / BNF


Le casse-tête des reflets : 1/2 (par Clément Chéroux)
Que ce soit à des fins publicitaires, documentaires, privées ou topographiques, les opérateurs qui photographiaient les devantures étaient cependant tous confrontés à un même inconvénient : en fonction de leur orientation, les vitrines étaient, à certaines heures de la journée, moirées de reflets venant sensiblement perturber la perception des objets exposés. « La glace qui sépare le public de la marchandise est un gros obstacle : elle reflète les images des passants, les maisons d’en face et cela ne fait nullement l’affaire de celui dont l’étalage est toute la publicité », peut-on lire en 1928 dans la revue Parade. Pour les opérateurs, c’était là un véritable casse-tête dont rend parfaitement compte un manuel de photographie de l’époque : « J’avais, raconte un opérateur, consciencieusement mis au point une boutique que je voulais photographier, et j’avais sur la glace dépolie de [mon] appareil une image merveilleusement détaillée qui accusait les moindres objets placés en étalage. […] Au développement, mon épreuve me donnait, non pas la vue détaillée de l’étalage que j’avais voulu reproduire et qu’on avait fourbi en mon honneur, mais une image vigoureuse des maisons qui faisaient vis-à-vis ! »
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40--Hôtel Scipion - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


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41-- rue Cherubini - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


Le casse-tête des reflets : 2/2 (par Clément Chéroux)
Pour éviter une telle mésaventure, l’opérateur de l’époque disposait cependant d’une panoplie de stratagèmes. S’il n’avait pas encore la possibilité d’utiliser des filtres polarisants, il pouvait tout du moins choisir l’heure de la journée à laquelle ils étaient moindres. Lorsque c’était son propre reflet qui venait se superposer au contenu de la vitrine, il pouvait opérer de biais ou se « cacher » derrière l’un des montants de la devanture. L’éclairage électrique qui, en remplaçant le gaz, offrait une luminosité plus forte et permettait ainsi de diminuer un peu les reflets. Dans un article intitulé « Moyen d’éviter les réflexions nuisibles » un chroniqueur de la revue Parade explique ainsi : « Pour éviter cet inconvénient, il suffit d’éclairer l’intérieur de la devanture, comme le soir, avec une intensité suffisante. […]   Les images parasites sont éliminées grâce à l’effet de contraste existant entre les objets brillamment éclairés et les images réfléchies, beaucoup plus pâles. ». Malgré toutes ces astuces, les reflets restent très courants dans les photographies de vitrines du début du siècle. Cette récurrence des reflets s’explique de diverses manières. Dans le champ de la photographie professionnelle, il n’y avait, à l’époque, que deux attitudes possibles face aux reflets. S’ils gênaient la lisibilité du cliché, tout était fait pour les éviter ; mais s’ils ne perturbaient pas l’économie générale de l’enregistrement, ils étaient le plus souvent négligés.


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42-- Les Champs-Elysées - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF