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  Eugène ATGET

portrait de Eugène ATGET - BNF
Jean Eugène Auguste ATGET, né le 12 février 1857 à Libourne et mort le 4 août 1927 (à 70 ans) à Paris) est un photographe français. Il est principalement connu pour ses photographies documentaires sur le Paris de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

(Photo : Portrait d'Eugène Atget réalisé par un photographe anonyme vers 1890).
 

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29- rue de la Montagne - Sainte-Genevieve © Copyright Eugène ATGET / BNF


30-- Le Cirque Eugene © Copyright Eugène ATGET / BNF
30-- Le Cirque Eugene © Copyright Eugène ATGET / BNF


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31-- Coin de la rue St-Denis et Cossonnerie - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


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32-- Coin de la rue de Sauval - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


Sur quelques vitrines d'Eugène Atget (par Clément Chéroux)
Les informations dont dispose l’historien pour comprendre l’activité photographique d’Eugène Atget sont rares. Ce déficit documentaire a conduit la plupart des analystes d’Atget à focaliser leur attention sur ses images. Dans le cas d’Atget, il faut cependant reconnaître que cette polarisation sur les images n’a pas favorisé la compréhension de sa pratique. Celui qui parcourt aujourd’hui toute la littérature consacrée au photographe ne peut, en effet, qu’être frappé par la diversité des conclusions, les multiples contradictions ou surinterprétations. Il est cependant une autre manière d’arpenter le continent Atget. Elle consiste à replacer l’activité du photographe dans le contexte de production de son époque, c’est-à-dire à comparer ses photographies à celles d’autres opérateurs ayant réalisé, au même moment, des images semblables aux siennes. Plutôt que sur l’ensemble des images d’Atget, cette analyse est centrée sur
ses photographies de devantures de magasins qui réunissent quelques-uns des problèmes les plus passionnants que posent les images d’Atget : utilité documentaire, présence du photographe dans ses images, et correspondance à une activité photographique assez courante dans le premier quart du XXe siècle.



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33-- Fontaine Gaillon - Carrefour Gaillon - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


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34--- Coin de la rue Avé Maria - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF


L'apparition des vitrines (par Clément Chéroux)
Dans les premières décennies du XXe siècle, la rue parisienne ne s’est pas encore remise des transformations de l’urbanisme haussmannien qu’elle est déjà en proie à une autre mutation : ses boutiques changent de visage. Les anciens commerces dont les étalages dégorgeaient copieusement sur les trottoirs cèdent la place à d’élégantes vitrines qui protègent la marchandise autant qu’elles la mettent en valeur aux yeux des passants. Cette évolution de la vitrine, de l’étal à l’écrin, était particulièrement adaptée à la circulation fluide instaurée par la percée des grands boulevards et à une législation qui, désormais, réglementait plus sévèrement l’occupation des trottoirs. L’évolution des métiers du verre favorisa également l’avènement des devantures à larges vitrines. C’est également à cette époque que des architectes, ou des décorateurs, comme Robert Mallet-Stevens, André Lurçat, René Herbst, Le Corbusier, et quelques autres, commencèrent à s’intéresser à cet environnement visuel omniprésent qu’une revue de l’époque appelait « le décor de la rue » et envisagèrent de le renouveler. La vitrine moderne était née. Cette reconfiguration de l’espace d’exposition des marchandises suscita de nouveaux besoins d’images. Les promoteurs des nouvelles vitrines firent ainsi régulièrement photographier leurs réalisations pour en assurer la publicité. En 1927, paraissent les premiers numéros deParade, une revue entièrement constituée de photographies de vitrines et d’articles vantant les mérites des devantures modernes.
Si les photographes furent requis à des fins publicitaires, ils le furent également dans un but documentaire, pour fixer la trace de ces devantures qui allaient bientôt disparaître. Il y eut par ailleurs, au début du XXe siècle, un intérêt tout particulier pour les enseignes des vieilles boutiques. La commission du vieux Paris s’y intéressa, les spécialistes les répertorièrent, en firent le sujet d’articles ou de livres. Plusieurs photographes réalisèrent donc, à l’époque, des campagnes documentaires sur ces enseignes. Au même moment, d’autres opérateurs documentaient – avant qu’il ne soit trop tard – la typographie des vitrines, les éléments de ferronnerie, les boiseries sculptées, ou simplement la façon dont l’étal avait été composé. À une époque où la prospérité du commerçant se mesurait justement à la taille de sa devanture, les propriétaires de magasins se faisaient, en effet, souvent photographier, avec leurs employés, devant leurs vitrines. Ces images étaient ensuite envoyées à la famille, distribuées aux proches, ou simplement punaisées au-dessus du comptoir en signe de réussite sociale. La quantité considérable de ces images indique que cette pratique constituait un secteur d’activité important pour nombre de professionnels de l’époque. Il existe, enfin, une quatrième catégorie de photographies de vitrines dont l’usage est davantage topographique. Au début du XXe siècle, les opérateurs de l’Union photographique française (UPF) documentèrent certains quartiers de la capitale en photographiant systématiquement les immeubles de chaque rues. : nombre de devantures de magasins, prises dans un contexte architectural plus large, furent donc ainsi photographiées.



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35-- rue des Archives - Cloitre des Billettes - Paris © Copyright Eugène ATGET / BNF