PHOTOGRIFFON - Anthologie des plus grands photographes du monde
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  André VILLERS

portrait du photographe André Villers
André Villers est un photographe et artiste plasticien français, né le 10 octobre 1930 à Beaucourt, près de Belfort et mort le 1er avril 2016 au Luc-en-Provence (Var)

André Villers is a French photographer and visual artist, born 10 October 1930 in Beaucourt, near Belfort and death on April 1, 2016 to Luc-en-Provence (Var)



INTERVIEW

Son amitié avec Picasso n’a pas fait la fortune d’André Villers. S’il est riche, c’est de souvenirs et d’images sur l’intimité d’un génie que beaucoup, à l’époque, surnommaient…le fou de Vallauris!

Début 1953. André Villers a vingt-deux ans. Originaire de Belfort, ce garçon chétif, qui souffre d'une tuberculose osseuse invalidante, séjourne depuis plusieurs années au centre héliomarin de Vallauris. La photographie est un précieux dérivatif. Qui lui permet, un jour béni du mois de mars, de rencontrer dans l'atelier d'un vieux potier un artiste dont il sera l'intime durant dix ans : Picasso.

Quel souvenir gardez-vous de votre première rencontre avec Picasso ?
J'ai rencontré Picasso par hasard, un jour où, profitant d'une autorisation de sortie, je suis allé me promener dans les rues de Vallauris. Il y avait dans le bas du village un potier à qui je rendais visite de temps en temps. Au bout de quelques minutes, il m'a désigné quelqu'un, de l'autre côté de l'atelier, et a crié : « Picasso ! ».
L'homme s'est approché. Il parlait peu, moi encore moins. D'ailleurs, je savais à peine qui il était.

Étiez-vous impressionné ?
Non, mais je ne savais pas quoi lui dire. Mes connaissances en matière de peinture se limitaient à Renoir et Van Gogh, dont j'avais vu quelques tableaux sur des cartes postales. Et puis, j'étais si jeune !

Pourquoi s'est-il pris d'affection pour vous ?
Je ne me suis pas posé la question. Il a d'abord voulu savoir ce qu'il y avait dans la boîte que je tenais sous le bras : des tirages que j'avais apportés pour les montrer au potier. Mes photos ont eu l'air de plaire à Picasso. Le soir, en rentrant, je me suis précipité à la bibliothèque du sanatorium pour éplucher les livres et les revues qui parlaient de lui. C'est là que j'ai commencé à réaliser ce qu'il représentait… et à l'auréoler.

Était-il un objet de curiosité ?
À cette époque, on pouvait encore le croiser en charentaises dans les rues de Vallauris. J'exagère à peine ! Il travaillait le matin chez les Ramié, dans l'atelier Madoura, où il s'était pris de passion pour la céramique. Puis se rendait l'après-midi, et jusque tard dans la soirée, à son atelier du Fournas où il venait de peindre La Guerre et la Paix. Les habitants étaient habitués à le rencontrer. Pour beaucoup, c'était « le fou de Vallauris ». Pour d'autres, notamment pour les gens d'un certain âge, Picasso inspirait un grand respect. Même auprès de ceux d'entre eux qui n'entendaient rien à sa peinture.

Quelle image a-t-il laissée sur la Côte ?
Quand il vivait à Vallauris, Picasso faisait partie du paysage. Mais il ne passait pas son temps à faire le clown. Ça, c'est l'image que l'on peut avoir en le voyant sur les photos d'une fête, ou dans son intimité. J'y ai sans doute contribué. Pour m'amuser, Picasso était capable de se déguiser en Popeye ou en matador. Mais le reste du temps, il recevait des visiteurs ou faisait son travail, très simplement.

Se montrait-il généreux avec les Azuréens ?
Il ne distribuait pas des dessins à tout-va, sachant très bien que les gens s'empresseraient d'aller les vendre, et généralement dans de mauvaises conditions. Mais je n'ai jamais rencontré un peintre aussi généreux que lui. Tous les jours, ou presque, lui arrivaient des lettres d'inconnus en grande nécessité qui imploraient son aide. Il répondait avec un chèque. Ou avec un mandat ou même des espèces pour ceux qui n'avaient pas de compte en banque.

Et avec vous ?
Pendant dix ans, j'ai partagé le quotidien de Picasso sans accepter aucun tableau. Mais au tout début, surpris de me croiser un jour sans mon appareil photo, un vieux clou que j'avais acheté d'occasion à Cannes, il m'a demandé : « Tu n'as pas ta machine à coudre, aujourd'hui ? »Je lui ai répondu qu'il était en panne et que j'essayais de le faire réparer. Picasso m'a regardé et il m'a dit : « Sans appareil, c'est comme si tu n'avais plus tes yeux ! Combien ça coûte ? Je vais t'en acheter un. » Et quelque jours plus tard, il m'offrait un Rolleiflex. Mais le plus beau cadeau qu'il m'ait fait, c'est Diurnes. Un recueil de 30 images - sélectionnées parmi 400 ou 500 que nous avions faites ensemble - publié en 1962 avec des poèmes de Jacques Prévert. Je peux dire que c'est une œuvre à quatre mains : Picasso intervenait sur mes photos, je reprenais ce qu'il avait fait. Oui, je retouchais le travail de Picasso et il faisait comme si c'était normal.

(Source : Nice Matin)




INTERVIEW
His friendship with Picasso did not make the fortune of Andre Villers. If he is rich, it's memories and images on the privacy of a genius than many, at the time, called him crazy ... Vallauris!

Early 1953. André Villers twenty-two years. A native of Belfort, this sickly boy, who suffers from a debilitating bone tuberculosis, is since many years héliomarin center of Vallauris. Photography is a valuable distraction. Allowing him a blessed day of March, met in the studio of an old potter artist which will be intimate for ten years: Picasso.

What are your memories of your first encounter with Picasso?
I met Picasso by chance one day when, taking advantage of an exit permit, I went walking in the streets of Vallauris. There was in the lower village potter who I used to visit from time to time. After a few minutes, he appointed someone on the other side of the studio, and shouted: "Picasso! ".
The man approached. He spoke little, let alone me. Besides, I hardly knew who he was.

Were you impressed?

No, but I did not know what to say. My knowledge of painting was limited to Renoir and Van Gogh, which I had seen some pictures on postcards. And I was so young!

Why has it taken a liking to you?
I did not ask. He first wanted to know what was in the box I was holding under his arm: prints I had brought to show the potter. My photos have seemed to please Picasso. In the evening, returning home, I rushed to the sanatorium for peeling library books and magazines that were talking about him. This is where I began to realize what he meant ... and glorify.

Was it a curiosity?

At that time, we could still cross the Charente in the streets of Vallauris. I hardly exaggerate! He worked in the morning Ramie, in Madura workshop, where he had a passion for ceramics. Then went the afternoon and late into the evening, his workshop Fournas where he had just painted War and Peace. The people were accustomed to meet him. For many it was "crazy Vallauris." For others, especially for people of a certain age, Picasso inspired great respect. Even with those among them who understood nothing of his painting.

What image is there on the left coast?

When he lived in Vallauris, Picasso was part of the landscape. But he did not spend his time clowning. That is the image that one can have by seeing the pictures of a party, or in its intimacy. I have no doubt contributed. For fun, Picasso was able to dress up as Popeye or matador. But the rest of the time he received visitors or doing his job, very simply.

If he was generous with the côte d'Azur?
He did not distribute drawings for-all, knowing that people would rush to go and sell, and generally in bad conditions. But I have never met a painter as generous as him. Every day or almost reached him unknown letters in great need who implored his help. He responded with a check. Or with a warrant or even cash for those who do not have bank accounts.

And you?
For ten years, I shared Picasso's daily without accepting any table. But at the start, surprised to see me one day without my camera, an old nail that I bought used in Cannes, he asked me: "Do not you have your sewing machine today ? "I told him he was out, and I was trying to repair. Picasso looked at me and said, "No camera, it's like you have not your eyes! How much does it cost ? I'll buy you one. "And some days later, he offered me a Rolleiflex. But the greatest gift he has done to me, it's Diurnes. A collection of 30 photographs - selected from 400 or 500 we made together - published in 1962 with poems by Jacques Prévert. I can say that it is a work for four hands: Picasso intervened on my photos, I regained what he had done. Yes, I retouched the work of Picasso and it was as if it was normal.


(Source : Nice Matin)


 

Terrasse du Bistrot "Cercle de la fraternité" dans le sud de la France © Copyright photo : André Villers
Terrasse du Bistrot "Cercle de la fraternité" dans le sud de la France © Copyright photo : André Villers


Picasso solarisation - Cannes - 1957 © Copyright photo : André Villers
Picasso solarisation - Cannes - 1957 © Copyright photo : André Villers


Picasso et son fils Bertrand dans sa Villa Californie - 1958 © Copyright photo : André Villers
Picasso et son fils Bertrand dans sa Villa Californie - 1958 © Copyright photo : André Villers


Jacqueline coiffée de la montera présente une peinture tauromachique de Picasso - 1956 © Copyright photo : André VILLERS
Jacqueline coiffée de la montera présente une peinture tauromachique de Picasso - 1956 © Copyright photo : André Villers


"…J’ai appris la photo dans l’établissement où j’étais soigné,
mes permissions de sortie me conduisaient à Vallauris.
En ballade, le Rolleiflex en bandoulière, à l’affût, j’étais à la recherche d’instantanés à la Cartier-Bresson, Brassaï, Doisneau…,
toute ma connaissance photographique à cette époque.
La rencontre avec Picasso, quelques mois après, allait modifier
quelque peu mon point de vue…
"

(Extrait de l'ouvrage "André Villers", Nice musées, Théâtre de la Photographie et de l’Image)



Pablo Picasso © Copyright photo : André Villers
Pablo Picasso © Copyright photo : André Villers


Création de la fresque "La guerre et la paix" - Chapelle du Château de Vallauris - 1953 © Copyright photo : André Villers
Création de la fresque "La guerre et la paix" - Chapelle du Château de Vallauris - 1953 © Copyright photo : André Villers


André VILLERS, 85 ans, chez lui présentant ses photos de Pablo Picasso © Copyright : DR
André VILLERS, 85 ans, chez lui présentant ses photos de Pablo Picasso © Copyright : DR





 

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